Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

07/05/15 - Rencontre littéraire avec Genevière Lafontaine - Marseille

15 Avril 2015 , Rédigé par Mona Georgelin Publié dans #agenda culturel

Le Comité mam'EGA, Couleurs Cactus, le CPPME, Mamanthé et Plis Fôs 13 présentent
JEUDI 7 MAI 2015 à 18h30
RENCONTRE LITTERAIRE avec Geneviève Lafontaine
La vie Crisocal
Rencontre animée par Ali Babar Kenjah
MANIFESTEN
59 Rue Adolphe Thiers, 13001 Marseille
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
Possibilité de se restaurer sur place (participation libre)
Infos : 06 19 92 32 78

La Vie crisocal

Crisocal est la traduction en langue créole du mot français chrysocale qui qualifie ce qui n’est pas fabriqué dans un matériau noble, mais qui en a l’apparence.
Une vie crisocal ? Hortense n’en veut absolument pas ! Cette jeune Martiniquaise, fille d’un maréchal-ferrant et d’une couturière, vit au bourg de Saint-Pierre dans la Martinique du début du 20e siècle, et n’a qu’une idée en tête : sortir de sa misérable condition. Mais à quel prix !
L’auteur nous offre, avec humour et générosité, une charmante promenade dans les mœurs sociales et le quotidien des familles de l’époque.

Une occasion de redécouvrir des tranches d’Histoire oubliées de la Martinique.

L’île crisocal...

La vie crisocal de Geneviève Lafontaine atteste d’une certaine vitalité de cette littérature populaire qui cherche à témoigner, à nourrir la mémoire des on-dit et des non-dits qui s’estompent dans l’oubli du chemin parcouru. Littérature de témoignage, d’aveux, de dévoilement, martiniquaise et – plus largement – régionaliste. Pour Hortense, l’héroïne du roman, la mise à nu est une mise en-dehors . Femme du « dehors » d’un homme en vue, fanm déwò , second bureau ou maîtresse officielle, la terminologie ne change rien à l’opprobre que doivent affronter ces femmes dont l’opportunisme pragmatique, entre courtisane et esclave sexuelle, reflète une réalité sociale en transition, où la prospérité promise doit se gagner à tout prix. Or, à chacun ses atouts ! Une société, donc, où la moralité oscille entre toutes les contradictions, se métisse de toutes les pratiques ancestrales. Alors que l’île succombe à son tour aux paillettes hollywoodiennes de la société de consommation mondialisée, Hortense s’est forgée un destin de femme moderne, qu’elle paie de sa fidélité à un homme marié. Ce court roman de Geneviève Lafontaine brosse la toile martiniquaise des Trente Glorieuses de la société départementale (des années 60 aux années 80), où l’avènement des classes moyennes fonctionnarisées compose avec l’héritage culturel du vieux Saint-Pierre et des catégories accouchées de l’Habitation. Sans fards ni faux repentir, une femme libre assume ses choix à travers le testament d’une vie plaquée or. Ce parti pris de la confession nous livre la matière cachée d’un conte de fée matérialiste, l’ombre portée du clientélisme martiniquais. Par une traversée de femme vouée au silence, à la manière qui se raconte, ce roman nous offre en filigrane l’envers du clinquant antillais, avec ses fragilités et ses humanités. Avec la conviction inébranlable d’avoir, de la misère, enfanté des seigneurs, des Messieurs. Comme le dit si bien l’héroïne, Ou wa tiré’y, si ou sé Javèl !
Efface-le, si tu peux !

Ali Babar Kenjah

07/05/15 - Rencontre littéraire avec Genevière Lafontaine - Marseille

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article